Suivez-nous sur :

Le projet de plateforme Click and Collect pour les disquaires, présenté à la Jite 2018 du ministère du Travail

Les plateformes de réservation / vente en ligne sont désormais courantes. 

Celles qui, en plus, valorisent les commerçants indépendants sont encore rares (il en existe pour les commerces de bouche et chez les libraires).  

Une plateforme Click and Collect (réservation du produit en ligne et retrait en magasin) est pourtant un moyen pour des TPE de commerces indépendants de développer leur clientèle et d’augmenter leurs ventes.

Or, les disquaires indépendants forment un secteur économique fragile... 

Les disquaires indépendants sont près de 70 à Paris, 350 en France. L’enquête nationale du ministère de la Culture et de la Communication (2017) montre que leur chiffre d’affaires total est inférieur à 200 KE par an (sur 37 % de répondants). 

Et au 1er semestre 2017, le chiffre d'affaires du marché français de la musique est en baisse :

  • celui du marché physique de disques est en baisse (vente de disques vinyles, neufs et d’occasion)
  • celui du numérique est en hausse (84 % de streaming).
  • par ailleurs, les disquaires constituent une population professionnelle comparable à celle des libraires, formée parfois de personnalités individuelles.
  • ils n’ont, pour la plupart, pas d’outil de gestion, réalisent parfois leur inventaire à la main, sont centrés sur le produit et moins sur le développement de leur commerce.
  • certains se vivent plus comme des passeurs de culture que comme des commerçants.
  • ils se connaissent, mais préfèrent travailler seuls ou sont très isolés dans leur commerce comme la plupart des gérants de TPE.

 

L'émergence du projet 

Fin 2016, l'EPEC anime une réunion avec une dizaine de disquaires parisiens dans l’objectif de faire émerger des projets collectifs. Les disquaires souhaitent s’engager dans des projets orientés vers le soutien au développement économique, se fédérer, mais n’en ont pas le temps ou ne savent pas comment s’y prendre.

Emerge le projet d’une plateforme numérique "Click and Collect", inspiré du site de réservation en ligne de Paris Librairies, groupement associatif de libraires.

Début 2017, la conjoncture est favorable :  

  • la DGMIC du ministère de la Culture et de la Communication lance une étude nationale sur les disquaires indépendants qui doit déboucher sur des préconisations de soutien aux disquaires. L'EPEC participe au comité de pilotage.  
  • des disquaires se fédèrent à travers un syndicat professionnel (le GREDIN) : le syndicat national des disquaires indépendants est créé.

Le syndicat professionnel des disquaires, le GREDIN et l'EPEC décident de mettre leurs compétences complémentaires au service du développement de ce projet de plateforme "Click and Collect" pour les disquaires indépendants.   

 

Les objectifs 

Le projet de plateforme "Click and Collect" vise à apporter une réponse à la problématique économique des disquaires (développer du chiffre d'affaires tout au long de l’année et non seulement à l’occasion d’événements) tout en les fédérant autour de ce projet collectif pour renforcer leur identité professionnelle.    

L'objectif général est d'optimiser la présence des disquaires indépendants sur une plateforme numérique commune pour générer du trafic et augmenter leurs ventes tout au long de l’année.

Comment ?

  • en rendant visible leur stock physique de disques neufs ou d’occasion sur un site Internet commun pour leur permettre et permettre au grand public / clients potentiels, de découvrir l’étendue et la diversité de l’offre musicale. 
  • en permettant la réservation des disques en ligne puis l'achat chez le disquaire.

Il s'agit aussi de fédérer les disquaires autour de ce projet collectif et de les valoriser auprès du grand public / clients potentiels en donnant plus de visibilité au réseau et en valorisant l’identité de chaque magasin.

 

L'ingénierie du projet  

Nous avons identifié les différentes phases du projet, les partenaires potentiels et réalisé une estimation des coûts afférents aux différentes étapes en rencontrant deux prestataires de solutions informatiques pour les commerces culturels. 

Il y a une phase d’équipement des disquaires (ordinateur, douchette code barre, logiciel de gestion) et de professionnalisation à la gestion de stock. Nous cherchons à nouer un partenariat opérationnel avec un opérateur national du ministère de la Culture et de la Communication dont une des missions est d'équiper les disquaires ; nous allons nous rapprocher d'organismes de formation et des OPCA, financeurs de la formation professionnelle des disquaires pour voir si une action collective de formation pourrait être mise en place. 

Nous pouvons aussi démarrer le projet avec des disquaires possédant déjà leur outil de gestion, mais sera-t-il compatible avec la plateforme "Click and Collect" développée ?

Comme on le voit : 

Il y a aussi une phase d'appui à la maîtrise d’ouvrage pour élaborer un cahier des charges technique et mobiliser les disquaires, parties prenantes du projet.
Nous avons rencontré SIMPLON, labellisée Fabrique Grande Ecole du Numérique qui nous a fait une proposition d’appui.  

Concrètement, il faut associer des informaticiens et des spécialistes du numérique pour :

  • créer et / récupérer des bases de données de disques 
  • concevoir le site internet 
  • tester la mise en ligne sur le site, du stock des disquaires et son actualisation à chaque mouvement du stock physique
  • il faut aussi prévoir des ressources humaines pour référencer le stock physique des disquaires qui ne font parfois pas d’inventaire.

Le projet nécessite ingénierie, mobilisation d’une pluralité d’acteurs techniques et financiers, coordination et pilotage du projet jusqu’à sa concrétisation.

 

La recherche de financement

Un projet de cette nature nécessite développement informatique et investissement financier. Il requiert des compétences de pilotage et de dialogue avec un prestataire technique...

SIMPLON Prod peut nous appuyer dans l'élaboration d'un cahier des charges technique. Nous avons sollicité l’aide de la Ville de Paris pour impulser le démarrage du projet avec SIMPLON Prod, en appui à la maîtrise d'ouvrage.

Un problème d'éligibilité aux dispositifs de financement publics

Il existe des dispositifs de financement publics pour soutenir des TPE qui ont des projets de développement numérique.

Côté Etat, citons l'appel à projets d’appui à la transition numérique pour la musique enregistrée du ministère de la Culture et de la Communication ou le Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce (FISAC) du ministère de l'Economie et des Finances.

S'agissant du FISAC, notre projet est vraiment le cœur de cible de cet appel à projet : « mettre en place des outils numériques qui contribuent à rapprocher l’ensemble des commerçants entre eux et à l’égard de leur clientèle (site vitrines collectifs regroupant plusieurs professionnels, actions sur les réseaux sociaux, bornes tactiles interactives, écrans numériques, cartes de fidélité digitales, « Click and Collect », applications mobiles sur smartphone ou tablette…) ».

Cependant, nous ne sommes pas éligibles pour répondre à ces appels à projets.    

Côté Conseil régional d'Île-de-France, il existe des dispositifs de financement des entreprises innovantes en lien avec le numérique, mais il s’agit plutôt d’aides directes aux entreprises en devenir.

Les TPE isolées ont besoin de compétences d’ingénierie de projet pour développer des projets de mutualisation comme celui-ci et des compétences de pilotage de projet impliquant de nombreux partenaires institutionnels, techniques et financiers.

Cet apport en compétences de l'EPEC est soutenu par la DIRECCTE Île-de-France - Unité territoriale de Paris dans le cadre d'un projet d'appui au développement économique, de l'emploi et des compétences des commerces culturels parisiens, mais en l'espèce, une structure d’ingénierie de projet dont le cœur de métier est de développer des projets d’appui au développement économique des entreprises ne peut répondre à ces appels à projet pour financer le développement des projets qu’elle porte. 

Aujourd’hui, nous pensons nous orienter vers la recherche de soutiens privés.

 

La Jite du 3 juillet comme première occasion de communiquer sur le projet

Cette journée est la première occasion de communiquer sur l’émergence de ce projet pour les disquaires indépendants.

Et comme l'EPEC est un des 5 lauréats du prix "Entreprendre dans la culture 2018" de l'IFCIC pour la création d’un service de remplacement pour les commerces culturels d’Île-de-France (libraires, disquaires), nous espérons avoir démontré notre capacité à développer des services innovants en direction de TPE et généré un petit capital de confiance qui convaincra des financeurs / des investisseurs de s’engager, à nos côtés, dans ce projet porté par l'EPEC et le syndicat GREDIN au service du développement économiques des disquaires.

 

Et une réunion entre disquaires et SIMPLON Prod , à l'EPEC le 9 juillet, pour soutenir la dynamique enclenchée

Le site de réservation de livres de Paris Librairies a été présenté, les objectifs partagés entre les participants...

"Augmenter le trafic et les ventes dans nos magasins en donnant la possibilité à nos clients de vérifier la disponibilité d'un disque dans l'ensemble de nos boutiques, et le cas échéant, de le réserver."

"Permettre aux clients et au grand public de découvrir l'étendue et la diversité de notre offre éditoriale et valoriser l'identité de chacun d'entre nous."

... et de premiers échanges techniques se sont déroulés (récupération de bases de données existantes, informations sur le site pour les futurs clients, prix des disques) entre les disquaires et SIMPLON Prod.